Install Theme

Your web-browser is very outdated, and as such, this website may not display properly. Please consider upgrading to a modern, faster and more secure browser. Click here to do so.

A4rizm

Mar 21 '14
latenebreuse:

Creator Unknown. Book of Trance Verse. English, 1812.

latenebreuse:

Creator Unknown. Book of Trance Verse. English, 1812.

(Source: poplifeplus)

Mar 17 '14

mot

Question que l’utilisation, toujours plus étendue des catégories linguistiques alourdit encore, puisqu’il faut désormais se demander ce que doit être le langage pour structurer ainsi ce qui n’est pourtant de soi-même ni parole ni discours, et pour s’articuler sur les formes pures de la connaissance. Par un chemin beaucoup plus long et beaucoup plus imprévu, on est reconduit à ce lieu que Nietzsche et Mallarmé avaient indiqué lorsque l’un avait demandé : Qui parle ? et que l’autre avait vu scintiller la réponse dans le Mot lui-même.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 394.

Mar 17 '14
s-hayashi:

Semiotext(e) Vol.3, No.1 (1978) Nietzsche’s Return
LINK (via monoskop.org)
Deleuze, Derrida, Foucault, Lyotard, Bataille, Klossowski etc
See also : Semiotext(e) Vol.3, No.2 (1978) Schizo-Culture
See also : Semiotext(e) Vol.2, No.3 (1977) Anti-Oedipus

s-hayashi:

Semiotext(e) Vol.3, No.1 (1978) Nietzsche’s Return

LINK (via monoskop.org)

Deleuze, Derrida, Foucault, Lyotard, Bataille, Klossowski etc

See also : Semiotext(e) Vol.3, No.2 (1978) Schizo-Culture

See also : Semiotext(e) Vol.2, No.3 (1977) Anti-Oedipus

Mar 6 '14

promesse du surhomme

Peut-être faudrait-il le premier effort de ce déracinement de l’Anthropologie, auquel sans doute est vouée la pensée contemporaine, dans l’expérience de Nietzsche : à travers une critique philologique, à travers une certaine forme de biologisme, Nietzsche a retrouvé le point où l’homme et Dieu s’appartiennent l’un l’autre, où la mort du second est synonyme de la disparition du premier, et où la promesse du surhomme signifie d’abord et avant tout l’imminence de la mort de l’homme. En quoi Nietzsche nous proposant ce futur à la fois comme échéance et comme tâche, marque le seuil à partir duquel la philosophie contemporaine peut recommencer à penser ; il continuera sans doute lontemps à surplomber son cheminement. Si la découverte du Retour est bien la fin de la philosophie, la fin de l’homme, elle, est le retour du commencement de la philosophie. De nos jours on ne peut plus penser que dans la vide de l’homme disparu. Car ce vide ne creuse pas un manque ; il ne prescrit pas une lacune à combler. Il n’est rien de plus, rien de moins, que le dépli d’un espace où il est enfin à nouveau possible de penser.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 353.

Mar 5 '14
scheiro:

Maximilien Le Roy - Nietzsche

scheiro:

Maximilien Le Roy - Nietzsche

Mar 5 '14

surhomme

La vrai contestation du positivisme et de l’eschatologie n’est donc pas dans un retour au vécu (qui à vrai dire les confirme plutôt en les enracinant) ; mais si elle pouvait s’exercer, ce serait à partir d’une question qui sans doute semble aberrante, tant elle est en discordance avec ce qui a rendu historiquement possible toute notre pensée. Cette question consisterait à se demander si vraiment l’homme existe. On croit que c’est jouer le paradoxe que de supposer, un seul instant, ce que pourraient être le monde et la pensée et la vérité si l’homme n’existait pas. C’est que nous sommes si aveuglés par la récente évidence de l’homme, que nous n’avons même plus gardé dans notre souvenir le temps cependant peu reculé où existaient le monde, son ordre, les êtres humains, mais pas l’homme. On comprend le pouvoir d’ébranlement qu’a pu avoir, et que garde encore pour nous la pensée de Nietzsche, lorsqu’elle a annoncé sous la forme de l’événement imminent, de la Promesse-Menace, que l’homme bientôt ne serait plus, - mais le surhomme ; ce qui, dans une philosophie du Retour voulait dire que l’homme, depuis bien longtemps déjà, avait disparu et ne cessait de disparaître, et que notre pensée moderne de l’homme, notre sollicitude pour lui, notre humanisme dormaient sereinement sur sa grondante inexistence. Nous qui nous croyons liés à une finitude qui n’appartient qu’à nous et qui nous ouvre, par le connaître, la vérité du monde, ne faut-il pas nous rappeler que nous sommes attachés sur le dos d’un tigre ?
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 332-333.

Mar 4 '14
speciesbarocus:

Diego de Valadés OFM - Rhetorica christiana (1579). [x]

speciesbarocus:

Diego de Valadés OFM - Rhetorica christiana (1579). [x]

Mar 4 '14

modernité

Mais la fin de la métaphysique n’est que la face négative d’un événement beaucoup plus complexe qui s’est produit dans la pensée occidentale. Cet événement, c’est l’apparition de l’homme. Il ne faudrait pas croire cependant qu’il a surgi soudain dans notre horizon, en imposant d’une manière irruptive et absolument déroutante pour notre réflexion, le fait brutal de son corps, de son labeur, de son langage, ce n’est pas la misère positive de l’homme qui a réduit violemment la métaphysique. Sans doute, au niveau des apparences, la modernité commence lorsque l’être humain se met à exister à l’intérieur de son organisme, dans la coquille de sa tête, dans l’armature de ses membres, et parmi toute la nervure de sa physiologie ; lorsqu’il se met à exister au cœur d’un travail dont le principe le domaine et le produit lui échappe ; lorsqu’il loge sa pensée dans les plis d’un langage tellement plus vieux que lui qu’il n’en peut maîtriser les significations ranimées pourtant par l’insistance de sa parole. Mais plus fondamentalement, notre culture a franchi le seuil à partir duquel nous reconnaissons notre modernité, le jour où la finitude a été pensée dans une référence interminable à elle-même. s’il est vrai, au niveau des différents savoirs, que la finitude est toujours désignée à partir de l’homme concret et des formes empiriques qu’on peut assigner à son existence, au niveau archéologique qui découvre l’a priori historique et général de chacun des savoirs, l’homme moderne - cet homme assignable en son existence corporelle, laborieuse et parlante - n’est possible qu’à titre de figure de la finitude. La culture moderne peut penser l’homme parce qu’elle pense le fini à partir de lui-même. On comprend dans ces conditions que la pensée classique et toutes celles qui l’on précédée aient pu parler de l’esprit et du corps, de l’être humain, de sa place si limitée dans l’univers, de toutes les bornes qui mesurent sa connaissance ou sa liberté, mais qu’aucune d’entre elles, jamais, n’ait connu l’homme tel qu’il est donnée au savoirs moderne. L’« humanisme » de la Renaissance, le « rationalisme » des classiques ont bien pu donner une place privilégiée aux humain dans l’ordre du monde, ils n’ont pu penser l’homme.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 328-329.

Mar 4 '14
museumuesum:

ANTONI TAPIES
Crane Renverse, 1991
ceramic, 34 x 40 x 27 cm / 13.4 x 15.7 x 10.6 in

museumuesum:

ANTONI TAPIES

Crane Renverse, 1991

ceramic, 34 x 40 x 27 cm / 13.4 x 15.7 x 10.6 in

Feb 26 '14

place du Roi

Lorsque l’histoire naturelle devient biologie, lorsque l’analyse des richesses devient économie, lorsque surtout la réflexion sur le langage se fait philologie et que s’efface ce discours classique où l’être et la représentation trouvaient leur lieu commun, alors, dans le mouvement profond d’une telle mutation archéologique, l’homme apparaît avec sa position ambiguë d’objet pour un savoir et de sujet qui connaît : souverain soumis, spectateur regardé, il surgit là, en cette place du Roi, que lui assignaient par avance les Ménines, mais d’où pendant longtemps sa présence réelle fut exclue. Comme si, en cet espace vacant vers lequel était tourné tout le tableau de Vélasquez, mais qu’il ne reflétait pourtant que par le hasard miroir et comme par effraction, toutes les figures dont on soupçonnait l’alternance, l’exclusion réciproque, l’entrelacs et le papillotement (le modèle, le peintre, le roi, le spectateur) cessaient tout à coup leur imperceptible danse, se figeaient en une figure pleine, et exigeaient que fût enfin rapporté à un regard de chair tout l’espace de la représentation.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 323.

Feb 26 '14
Léonard de Vince, Étude anatomique du fœtus dans l’utérus, 1510-1513, via wikipedia

Léonard de Vince, Étude anatomique du fœtus dans l’utérus, 1510-1513, via wikipedia

Feb 24 '14

langage

Le premier livre du Capital est une exégèse de la « valeur » ; tout Nietzsche, une exégèse de quelques mots grecs ; Freud, l’exégèse de toutes ces phrases muettes qui soutiennent et creusent en même temps nos discours apparents, nos fantasmes, nos rêves, notre corps. La philologie comme analyse de ce qui se dit dans la profondeur du discours est devenue la forme moderne de la critique. Là où il s’agissait, à la fin du XVIIIe siècle, de fixer les limites de la connaissance, on cherchera à dénouer les syntaxes, à rompre les façon contraignantes de parler, à retourner les mots du côté de tout ce qui se dit à travers eux et malgré eux. Dieu est peut-être moins un au-delà du savoir qu’un certain en deçà de nos phrases ; et si l’homme occidental est inséparable de lui, ce n’est pas par une propension invincible à franchir les frontières de l’expérience, mais parce que son langage le fomente sans cesse dans l’ombre de ses lois : « Je crains bien que nous ne nous débarrassions jamais de Dieu, puisque nous croyons encore à la grammaire*. » L’interprétation, au XVIe siècle, allait du monde (choses et textes à la fois) à la parole divine qui se déchiffrait en lui ; la nôtre, celle en tout cas qui s’est formée au XIXe siècle, va des hommes, de Dieu, des connaissances ou des chimères, aux mots qui les rendent possibles ; et ce qu’elle découvre, ce n’est pas la souveraineté d’un discours premier, c’est le fait que nous sommes, avant la moindre de nos paroles, déjà dominés et transis par le langage. Étrange commentaire que celui auquel se voue la critique moderne : puisqu’il veut dire, mais du déploiement du discours manifeste à la mise au jour du langage en son être brut.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 311.
* Nietzsche, Le Crépuscule des idoles (trad. française, 1911), p. 130.

Feb 24 '14
lovevoltaireusapart:

Giorgio Agamben’s diagram of modern philosophy’s approach to the concept of “Life” in Potentialities.

lovevoltaireusapart:

Giorgio Agamben’s diagram of modern philosophy’s approach to the concept of “Life” in Potentialities.

Feb 24 '14

connaître le langage

L’ordre classique du langage s’est maintenant refermé sur lui-même. Il a perdu sa transparence et sa fonction majeure dans le domaine du savoir. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, il était le déroulement immédiat et spontané des représentations ; c’était en lui d’abord qu’elles recevaient leurs premiers signes, qu’elles découpaient et regroupaient leurs traits communs, qu’elles instauraient des rapports d’identité ou d’attribution ; le langage était une connaissance et la connaissance était de plein droit un discours. Par rapport à toute connaissance, il se trouve donc dans une situation fondamentale : on ne pouvait connaître les choses du monde qu’en passant par lui. Non parce qu’il faisait partie du monde dans un enchevêtrement ontologique (comme à la Renaissance) mais parce qu’il était la première ébauche d’un ordre dans les représentations du monde ; parce qu’il était la manière initiale, inévitable, de représenter les représentations. C’est en lui que toute généralité se formait. La connaissance classique était profondément nominaliste. À partir du XIXe siècle, le langage se replie sur soi, acquiert son épaisseur propre, déploie une histoire, des lois et une objectivité qui n’appartiennent qu’à lui. Il est devenu un objet de la connaissance parmi tant d’autres : à côté des êtres vivants, à côté des richesses et de la valeur, à côté de l’histoire des événements et des hommes. Il relève peut-être de concepts propres, mais les analyses qui portent sur lui sont enracinées au même niveau que toutes celles qui concernent les connaissances empiriques. Ce surhaussement qui permettait à la grammaire générale d’être en même temps Logique et de s’entrecroiser avec elle, est désormais rabattu. Connaître le langage n’est plus s’approcher au plus près de la connaissance elle-même, c’est appliquer seulement les méthode du savoir en général à un domaine singulier de l’objectivité.
Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966, p. 308-309.

Feb 24 '14
Évolution de la lettre A, via wikimedia

Évolution de la lettre A, via wikimedia