absence du public
Reprenant la thèse de la reproductibilité, Benjamin soutien que ce qui est reproduit dans le film n’est pas une œuvre d’art mais une performance d’acteur devant des appareils preneurs de son et d’image. L’élément « artistique » vient avec le découpage et le montage. L’acteur se trouve non pas en situation de jeu, à la différence du théâtre, mais en situation de teste devant des appareils contrôlés par l’équipe de réalisation. L’étrangeté de ce rôle d’un nouveau genre implique l’aliénation de l’acteur : celui-ci ne joue pas un personnage devant un public mais des fragments de rôle pour un public absent ou imaginaire. Avec cette absence du public disparaît l’aura ; ou plutôt, l’aura devient abstraite, tellement répétable qu’elle s’en épuise.
Yves Michaud, L’art à l’état gazeux, Paris, Éditions stock, 2003, p. 174.