parodie
Dans ses Notes sur la fin de l’image, Robert Klein prétend que « tout art volontairement nouveau est parodie du précédent dans la mesure exacte où il l’utilise*. » Il serait facile — et pour une part sans doute légitime — de voir dans les œuvres d’Alain Clairet et d’Allan McCollum, ce même genre de procédures procédures parodiques, qu’elles appliqueraient non plus sur la peinture classique, mais sur les formes d’une peinture moderne qui se verrait avec elles renvoyée à l’évidence d’un caractère tout aussi conventionnel. Le Grand Fond de Clairet est un color shade (ou « dégradé ») bien connu des photographes de studio ; la Perpetual Photograph de McCollum, l’agrandissement d’un tableau prélevé dans un quelconque feuilleton T.V. L’un comme l’autre, parce qu’ils jouent sur une ressemblance avec l’art abstrait dot ils prennent soin de « conserver au moins l’allure, l’aspect général** », tendraient donc à donner raison à Robert Klein : « Le rôle critique de la parodie est précisément de dégager les formes, de les vider et de prouver leur vide en les appliquant à tort et à travers***. »
Simon de Cosi, « Passif de la modernité », in Feux pâles, Catalogue de l’exposition, capc-musée d’art contemporain, Bordeaux, 1990, p. 79.
* Cf. Robert Klein, « Notes sur la fin de l’image », in La Forme et l’intelligible, éd. Gallimard, Paris Collection Tel, p; 376.
** ibid, p. 376.
*** ibid, p. 376.








