reçue
4. Ce lien d’attachement/détachement ne va pas sans problème, ce qui implique qu’on ferait bien de se méfier du mot « représentation ». Du moins fait-il reconnaître qu’il y a aucun lien naturel de ressemblance entre signifiant et référent (Saussure se débarrasse vite de la possibilité d’une motivation naturelle des signes, et notamment des onomatopées : trop vite (GR, 69 ; GL, 104b sq.)), et à plus forte raison entre signifiant et signifié (à quoi peut ressembler un signifié ? et donc ; qu’est-ce qui pourrait ressembler à un signifié ? ) : on affirmera donc que le signe est arbitraire ou immotivé. On dira que les signes sont institués ou conventionnels, à condition de bien comprendre que « convention » ne peut pas impliquer un moment fondateur où tout le monde se serait rassemblé pour se mettre d’accord sur les signes. La langue, dit Saussure, est toujours reçue, comme la loi.
Geoffrey Bennington, « Derridabase », in Jacques Derrida, Éditions du seuil, 1991, pp. 28-29.
![Mattheiu Paris, Socrate et Platon, frontispice de Prognostica Socratis basilei, 1230-1259, via Utpictura18
Couverture de La Carte postale (Socrate et Platon, frontispice de Prognostica Socratis basilei, XIIIe siècle). « Socrate écrivant, écrivant devant Platon […] comme le négatif d’une photographie à développer depuis vingt-cinq siècles - en moi bien sûr […] Socrate, celui qui écrit - assis, plié, scribe ou copiste docile, le secrétaire de Platon, quoi. Il est devant Platon, non, Platon est derrière lui […] mais debout…»
Oxford, Bodleian Library, ms. Ashmole 304, fol. 31 v°.
Geoffrey Bennington, Jacques Derrida, Jacques Derrida, Éditions du seuil, 1991, p. 333.](http://25.media.tumblr.com/tumblr_lj12z8IMmT1qaw03ro1_500.jpg)