objet
L’objet, dans son expression première, était confronté à une dimension qui lui accordait à la fois son lieu et son espace de jeu : Klein pense d’emblée au culte, au rituel, à la liturgie, mais aussi à la provocation artistique, social, politique des dadaïstes — et ce qui lui permet de rapprocher ces exemples aussi éloignés par ailleurs tient à ce mot qu’il emploie finalement : un « geste ». L’objet était geste, à la fois mouvement, signe et mimique, mais le musée le fige, le fixe en une attitude désormais arrêtée : son sourire maintenant sera inéluctablement « toujours le même ». L’unicité du lieu où l’objet est recueilli signifie aussi une univocité temporelle, une uni-temporalité. On passe d’une première façon d’être selon laquelle l’œuvre, dans son immanence de chose livrée au temps des choses, renvoyait cependant simultanément à un autre temps et à une autre chose, vibrait si l’on peut dire de cette différence des temps et des chose — à une situation, à une institution dans laquelle son mode d’être est l’immutabilité.
Daniel Payot, « Événement, parodie, présence : le musée et l’exposition », in Le jeu de l’exposition, sous la direction de Jean-Louis Déotte, Pierre-Damien Huyghe, Paris, Harmattan, 1998, p. 66.
